L’énurésie est une forme d’émission involontaire et inconsciente d’urine qui survient de façon répétée pendant la journée (énurésie diurne) ou la nuit (énurésie nocturne), en dehors de toute atteinte/inflammation/infection de l’appareil urinaire. On parle d’énurésie primaire lorsqu’elle a toujours été présente et d’énurésie secondaire lorsqu’elle survient soudainement alors que l’enfant avait acquis la propreté.

L’énurésie touche principalement les enfants âgés de plus de 5 ans mais elle peut également toucher les adolescents ainsi que les adultes. Entre 2 et 5 ans, il est plutôt question d’un apprentissage de la propreté qui peut s’avérer lent. Ce n’est généralement pas le signe d’une maladie, d’un trouble psychologique ou cognitif. Il s’agit plutôt d’une étape à franchir. Après 5 ans, il est possible de vous tourner vers votre médecin traitant, dans un premier temps, dans le but de s’assurer qu’il n’y a pas de causes physiologiques ou fonctionnelles. Lorsque l’énurésie est primaire, il n’est pas réellement nécessaire de s’inquiéter car, bien souvent, elle disparaît elle-même avec le temps. Cependant, si l’énurésie est secondaire, il est possible que cela soit une réaction à quelque chose qu’il vit (stress, arrivée d’un petit frère ou d’une petite sœur, conflits familiaux, séparation des parents, changement de garderie ou d’école, déménagement, choc affectif,…)

Enurésie nocturne : que faire?

1.Eviter la punition

Il est déjà important de vous souvenir que l’énurésie nocturne est involontaire et inconsciente. Il vaut donc mieux éviter la punition lorsque votre enfant mouille son lit. Vous pouvez, cependant, le faire participer au nettoyage, lui demander de vous aider à changer et rincer les draps ou les vêtements souillés afin de le responsabiliser et non de le punir.

2. Limiter les boissons le soir

Essayez de limiter la quantité de liquide absorbé pendant la soirée. Il faut, bien évidemment, éviter sodas ou boissons sucrées avant le coucher. Habituez votre enfant à aller aux toilettes avant d’aller au lit. Vous pouvez inscrire ce passage aux toilettes dans le rituel du soir si vous en avez un.

3. Eviter les couches si possible

En fonction de l’âge de votre enfant, il est possible de passer aux couches culottes, voire aux sous-vêtements épais. Protégez plutôt au maximum son lit (housse en plastique, serviette éponge, alèse, …).

4. Autonomiser votre enfant

Vous n’êtes pas obligé de changer votre enfant à chaque fois qu’il mouille son lit. En fonction de son âge, vous pouvez le laisser faire seul en lui laissant un pyjama propre, une serviette et un drap près de lui pour qu’il fasse le changement lui-même lorsqu’il se réveille. Le but étant ici, de ne pas perturber son sommeil, ni le vôtre, afin d’éviter l’épuisement de toute la famille. Vous pouvez aussi installer une veilleuse pour lui faciliter le trajet jusqu’aux toilettes la nuit. Enfin, veillez au lavage le matin afin de prévenir d’éventuelles irritations.

Enurésie diurne : que faire ?

L’énurésie diurne se caractérise par des besoins pressants et des fuites. Comme pour la nuit, elle n’est pas volontaire même si l’enfant est conscient. Bien souvent, elle survient lorsque les enfants sont trop occupés à une activité. Parfois, il arrive que certains enfants n’osent pas demander à aller aux toilettes ou sont angoissés d’y aller en dehors de la maison.  De la même façon que la nuit, il est possible de mettre à disposition de votre enfant des vêtements de rechange (dans son sac ou sur une chaise dans sa chambre) dans le but qu’il puisse se changer seul si possible. Il s’agit toujours ici d’un apprentissage. En dehors de l’école, imposez à votre enfant les toilettes à heures régulières comme un rituel (au réveil, après la douche, avant de sortir, avant ou après les repas, …) afin qu’il puisse s’y habituer.

Ce qu’il faut principalement retenir c’est que l’énurésie est frustrante et pénible, aussi bien pour vous que pour votre enfant. Il se peut qu’elle porte atteinte à l’estime de soi ou à l’isolement voire à l’exclusion (difficulté pour dormir en dehors de chez soi, de partir en centre de vacances avec les copains, …). Il est donc nécessaire de dédramatiser la situation et de valoriser lorsqu’il n’y a pas d’incident. Vous pouvez même réaliser un tableau ou un calendrier que votre enfant remplira (gommettes, dessins, stickers, smiley, …) lorsque sa nuit ou sa journée n’aura pas nécessité de changement de draps ou de vêtements.Je vous mets quelques exemples de tableaux ci-dessous, mais vous en trouverez des tas d’autres sur Internet. Choisissez celui qui vous parle le mieux ou créez en un avec votre enfant, laissez place à votre imagination.  Cela lui permettra de se rendre compte de ses exploits réalisés semaine après  semaine. C’est un renforcement positif pour lui et pour vous aussi. Si votre enfant commence à exprimer une détresse (pleurs, renfermement, honte, …), à développer des peurs (de sortir, d’aller aux toilettes en dehors de la maison, …) ou si son énurésie entraîne une baisse de concentration ou un échec scolaire, n’hésitez pas à consulter un psychologue.  Il l’aidera à mettre en mot sa souffrance dans le but d’éliminer au maximum les facteurs de stress, ce qui pourrait entraîner une disparition des symptômes énurétiques. Dans tous les cas, soutenez le et dites lui que vous savez que ça n’est pas de sa faute et qu’il n’est pas le seul dans cette situation, d’autres enfants vivent la même chose que lui.  Ne le punissez pas, c’est important pour sauvegarder l’estime de soi. Et surtout, faites redescendre la pression, il existe toujours une solution.