Enfants

“Vous dites : c’est fatiguant de fréquenter des enfants. Vous avez raison. Vous ajoutez : parce qu’il faut se mettre à leur niveau, se baisser, s’incliner, se courber, se faire petit. Là, vous avez tort. Ce n’est pas cela qui fatigue le plus. C’est plutôt le fait d’être obligé de s’élever jusqu’à la hauteur de leurs sentiments. De s’étirer, de s’allonger, de se hisser sur la pointe des pieds. Pour ne pas les blesser.” Janusz KORCZAK

Pourquoi consulter ?

Pas facile d’être un enfant, de grandir. Cela ne va pas de soi. On assimile une telle quantité d’informations simultanément, qu’on ne sait plus où donner de la tête. Il faut apprendre à marcher, à être propre, à parler, à s’habiller, à se laver, à compter, à écrire, à se séparer de Papa et Maman le temps d’une journée à l’école, à accueillir un petit frère ou une petite sœur, à accepter une séparation, la recomposition d’une famille, un déménagement, ou encore trouver sa place. Tout ça, en gérant des émotions qu’on ne sait pas encore bien reconnaître. En effet, les enfants ne possèdent pas assez de mots pour exprimer leurs pensées et leurs ressentis, c’est alors le symptôme qui s’exprime à leur place pour montrer que quelque chose ne va pas. Ces signes sont alarmants lorsqu’ils sont excessifs ou inhabituels chez votre enfant :

  • troubles de l’attention, difficultés dans les apprentissages
  • changement soudain de l’humeur générale
  • troubles du sommeil (difficultés pour s’endormir ou dormir seul, cauchemars, …)
  • troubles de l’alimentation (manque d’appétit ou hyperphagie)
  • repli sur soi, tristesse
  • crises de colère
  • peurs, phobies
  • anxiété, angoisse
  • manque de confiance en soi
  • difficultés à gérer les émotions
  • énurésie, encoprésie, troubles psychosomatiques (maux de ventre, de tête, vomissements …)
  • passivité, absence de jeu
  • absence ou retard de langage
  • rêverie, “dans la lune”, “dans son monde”
  • précocité
  • hyperactivité
  • difficultés de séparation

Je vous conseille, au préalable, si vous décidez de prendre un rendez-vous,  d’en parler à votre enfant, de lui expliquer les raisons de votre démarche, avec des mots simples et positifs. Rien ne sert de lui cacher, il faut qu’il puisse venir en étant sécurisé.

Comment se déroule la première rencontre avec un enfant ?

La demande n’émane pas directement de l’enfant (ou alors dans de très rares cas), elle vient de ses parents. C’est pourquoi, lors du premier entretien, je reçois l’enfant et ses parents pour faire un point sur la situation actuelle et connaitre son histoire. Lorsque l’enfant est un nourrisson ou qu’il est très jeune, les entretiens se font bien évidemment toujours avec la collaboration des parents. Ils ont pour objectif l’observation et la compréhension des signaux corporels et la création d’un espace sécurisant. Si l’enfant est en âge de rester seul avec moi et s’il l’accepte, je prends un temps avec lui dans le but d’amorcer la relation de confiance. Les entretiens suivants débutent avec l’enfant seul puis se terminent sur un temps d’échange avec les parents et une proposition de pistes de réflexion, car il n’est pas question de les exclure du suivi.  Je tiens à ce que le cadre proposé à l’enfant soit un espace qui lui soit dédié et il est important pour lui de s’y sentir sécurisé et en confiance, c’est pourquoi tout ce qu’il me confie est strictement confidentiel. Si je ressens le besoin d’en dire quelque chose aux parents, je demande d’abord l’autorisation à l’enfant. A chaque fin de séance, je l’informe sur ce que j’aimerais transmettre à ses parents et pourquoi. S’il souhaite que je taise un élément, je respecte sa décision. Je travaillerais avec lui la possibilité d’en redire quelque chose à ses parents et pour quelle raison cela pourrait être important pour lui.

Quels outils ?

Avec l’enfant, j’opte toujours pour une médiation ludique et positive, dans laquelle il peut s’exprimer à sa façon et librement. J’utilise beaucoup le jeu, la lecture,  le dessin, les marionnettes, les peluches ou encore la pâte à modeler en fonction de sa demande et de sa problématique.  Tous ces médiateurs à visée thérapeutique, sources de création et d’élaboration, peuvent susciter chez l’enfant des questionnements, des résonances avec sa propre histoire et peuvent lui permettre de développer une meilleure connaissance de son monde intérieur.